Pourquoi doit-on s’attendre à de fortes hausses de tarifs en santé collective ?

Publié le 9 décembre 2020

Dérive naturelle des dépenses de santé, vieillissement de la population active, crise économique et chômage liés à la Covid-19… Les assureurs en santé collective font face à un déséquilibre entre les cotisations encaissées et les remboursements des dépenses de santé qu’ils effectuent. Conséquence : des hausses de tarifs plus importantes que les années précédentes sont à prévoir pour les contrats frais de santé collectif en 2021.

Des hausses pouvant aller jusqu’à 6,5% pour la complémentaire santé collective

Habituellement les hausses des tarifs des contrats de frais de santé oscillent entre 3 et 4% par an, une variation calquée sur l’augmentation nationale des dépenses de santé. En 2021, la hausse des tarifs pourrait atteindre 6,5%.

Ces hausses sont annoncées sur les contrats santé collectif à l’équilibre. Ce qui signifie que quand ils ne le sont pas, il faut également prévoir un redressement des comptes.

Jean-Philippe FERRANDIS, directeur des Assurances de personnes – Verspieren

Une situation difficile pour les entreprises qui font face également à un ralentissement de leur activité du fait de la pandémie de la Covid-19.

Comme elles, les assureurs ont été impactés et tiennent compte d’autres paramètres pour l’année 2021 qui font flamber les tarifs des contrats frais de santé collectifs.

Une nouvelle taxe Covid-19 imposée aux organismes de complémentaire santé 

Début novembre, le Sénat a modifié le taux de contribution des organismes complémentaires pour l’année 2021. Il passe d’1,3% à 2,6%. Le montant de la contribution passerait ainsi de 500 millions à 1 milliard d’euros pour 2020 et à 500 millions d’euros pour 2021.

La hausse du chômage va générer plus de portabilité des droits santé

Toute personne qui quitte une entreprise et perçoit des allocations chômage de la part de Pôle emploi peut continuer à bénéficier, gratuitement, des garanties du contrat frais de santé collectif de son ancien employeur. La portabilité des droits santé a une durée variable mais ne peut excéder 12 mois.

Les assureurs estiment que le maintien des garanties aux chômeurs devrait leur coûter entre trois et cinq fois plus qu’actuellement.

La pandémie de Covid-19, qui affaiblit de nombreuses entreprises, contribue à la hausse du chômage en France (+4,7% sur un an – chiffre 3e trimestre 2020 Pôle emploi). Le nombre de personnes bénéficiant de la portabilité augmente et cette tendance risque de s’accentuer dans les prochains mois et n’est pas sans effet sur les comptes des assureurs.

Des négociations qui s’annoncent difficiles pour 2021

Le rôle du courtier en assurances prend tout sons sens dans pareil contexte. Pour les entreprises dont les comptes seront à l’équilibre, il devra défendre leurs intérêts pour limiter la hausse du contrat frais de santé et constituer un solide dossier.

Dans tous les cas, il aidera les DRH à s’engager dans une politique de prévention et de sensibilisation des salariés à la maîtrise de leurs dépenses de santé au travers de services comme les réseaux de soins et aussi une information éclairée sur la réforme 100% Santé.

« La mise en place de réseaux de soins, comme Santéclair ou Carte Blanche, qui vérifient les devis des professionnels de santé et obtiennent des remises sur les lunettes ou les audioprothèses par exemple, peut faire baisser les prix de l’ordre de 10 à 20% l’année de mise en place » explique Jean-Philippe Ferrandis.