Retraite : Que dit le nouveau rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) ?

Publié le 20 novembre 2019

Selon un nouveau rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) qui doit être remis au gouvernement vendredi 22 novembre, mais déjà consulté par plusieurs médias, le déficit du régime de retraite pourrait être compris entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros en 2025. Une projection qui pourrait inciter le gouvernement à prendre des mesures avant la mise en place du régime universel.

Le rapport du COR novembre 2019

Un régime des retraites qui ne sera pas à l’équilibre en 2025

C’est en 2025 que devrait entrer en vigueur le régime universel de retraite. Et à cette date, sans surprise, le régime des retraites ne sera pas à l’équilibre si rien ne change. Son déficit devrait être compris, d’après l’étude du COR, entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros en fonction des hypothèses retenues (croissance, taux de chômage…). “Cette projection est réalisée à législation inchangée, c’est-à-dire en supposant que l’évolution des paramètres actuels de retraite restera identique à l’avenir, à l’exception néanmoins des modifications prévues dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020”, annonce le Conseil d’orientation des retraites, en introduction de son rapport.

Quels sont les leviers d’action proposés par le COR pour réduire le déficit du régime des retraites ?

Le gouvernement ne manque pas de propositions issues du rapport du Cor pour contrer le déficit. Le Conseil d’orientation des retraites présente plusieurs hypothèses concernant l’âge de départ à la retraite, l’augmentation des cotisations ou encore la baisse des pensions.

Mais alors que s’annonce un important mouvement social contre la réforme des retraites le 5 décembre prochain, prendre de telles mesures paraît risqué. Conscient que le sujet est plus que sensible, le COR lui-même prend un maximum de précautions en précisant que tous les scénarios n’ont pu faire l’objet d’une analyse systématique avec un modèle de micro-simulation et certains ont été obtenus par extrapolation linéaire. Les scénarios visent essentiellement à indiquer des ordres de grandeur afin d’éclairer le débat. C’est donc avec prudence que le COR propose différents leviers d’action :

Jouer sur l’âge de départ à la retraite

Même si l’âge légal de départ à la retraite ne sera pas modifié et restera fixé à 62 ans, d’autres moyens visent à inciter les Français à travailler plus longtemps et donc partir cet âge légal. Ainsi dans plusieurs scénarios du COR, “pour équilibrer financièrement le système de retraite en 2025, via le seul levier de l’âge de départ à la retraite il serait nécessaire d’augmenter de 4,4 mois l’âge de liquidation par rapport à la législation actuelle”. Il faudrait donc que l’âge auquel les actifs peuvent partir à taux plein atteigne 63,2 ans en 2025, alors que les prévisions l’estiment à cette date à 62,8 ans. En 2018, il était de 62,2 ans.

Autre option envisagée par le COR : allonger la durée de cotisations pour obtenir une retraite à taux plein de l’ordre de 5 à 10 mois par génération en fonction des scénarios présentés. Ainsi, la durée de cotisation pour obtenir le taux plein pourrait passer à 44,1 ans pour la génération 1963. Cette hausse viendrait remplacer celle programmée dans le cadre de la réforme Touraine. Elle doit entrer en vigueur à partir de 2020 et prévoit d’allonger la durée de cotisations d’un trimestre tous les trois ans à partir de la génération née en 1958.

Le COR présente également une mesure mixant hausse de l’âge d’ouverture des droits et augmentation de la durée d’assurance. Dans ce cas, “la condition d’atteinte de l’équilibre financier en 2025 modifierait, pour la génération 1963, l’âge d’ouverture des droits de 0,9 an et la durée d’assurance de 0,4 an”.

Augmenter les cotisations retraite

Si le gouvernement ne veut pas toucher à l’âge de départ en retraite, il a une autre possibilité : augmenter le taux de cotisation. “Le taux de cotisation tous régimes d’équilibre serait, in fine, de l’ordre de 25,9 % des revenus d’activité bruts en 2025 contre 24,9 % à législation inchangée”, précise le COR.

Une moindre revalorisation des pensions

Le gouvernement peut aussi continuer de demander des efforts aux retraités. Pour le Conseil d’orientation des retraites, il s’agirait d’appliquer une moindre indexation des pensions (0,5% par an) déjà liquidées entre 2021 et 2025. C’est un peu ce que le gouvernement a commencé à faire en 2019. Cette année les pensions de base ont été seulement revalorisées de 0,3%. Pour 2020, les plus petites pensions (inférieures à 2.000 euros) seront revalorisées au niveau de l’inflation (prévue à 1%) alors que les autres profiteront d’une hausse de seulement 0,3%. Le président de la République a annoncé, en avril dernier, qu’à partir de 2021 l’ensemble des pensions sera revalorisé par rapport à l’inflation. Les scénarios présentés par le Cor pourraient l’inciter à revoir sa copie.

Lire notre article : Réforme des retraites – 5 mesures qui devraient entrer en vigueur en 2025