Réforme des retraites : 5 mesures majeures qui devraient entrer en vigueur en 2025

Publié le 12 août 2019

Après deux ans de concertations, Jean-Paul Delevoye a présenté le 18 juillet 2019 ses propositions pour le futur système des retraites promis par Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle. Plusieurs changements importants sont attendus en Conseil des ministres à l’automne, avant un examen de la réforme des retraites au Parlement probablement après les élections municipales de mars 2020. L’entrée en vigueur de la réforme des retraites ne devrait intervenir qu’en 2025. En attendant, voici les 5 principales mesures qui devraient s’appliquer.

Réforme des retraites

Un système à points pour la future réforme des retraites

La future réforme des retraites prévoit la création d’un système de retraites par points, et non plus par trimestres cotisés. Chaque travailleur, quels que soient son métier et son statut, cumulera des points en fonction de ses revenus (1 point = 10 euros cotisés).

L’assuré serait libre de partir quand il le souhaite dès lors qu’il aura atteint l’âge de départ en retraite et qu’il estimera avoir cotisé suffisamment de points. Sa pension en euros sera calculée en multipliant le nombre de points acquis par leur valeur de liquidation au jour du départ en retraite. Une valeur qui pourrait alors varier au fil des années en fonction de l’évolution des salaires sur laquelle elle serait indexée.


 Au démarrage de la réforme, et en l’état des hypothèses actuelles (1,3% de productivité du travail), la valeur de service pourrait être fixée de sorte qu’1 point soit égal à 0,55€ de retraite annuelle. Le rendement définitif ne pourra être acté qu’en 2024 en fonction des hypothèses économiques qui prévaudront alors.


Concrètement, un salarié gagnant 1,5 fois le smic, soit 2281 euros brut par mois cotisera 577, 5 euros par mois (2 281,80 € x 25,31% de cotisations ouvrant des droits à la retraite), soit 6 930 euros par an. Il accumulera donc 693 points par an. Sur 43 ans de carrière, il accumulera donc 29.799 points, pour une retraite établie à 16 389 euros bruts par an, soit 1 265 euros net par mois. Un taux de remplacement net de 70% par mois.

Attention, tous les Français ne seront pas concernés par la future réforme des retraites et ce nouveau calcul de la pension de retraite. Les retraités actuels et les personnes qui seront à moins de cinq années de la retraite (au moment du vote de la loi) continueront à toucher leurs pensions de retraite dans les mêmes conditions. Les droits acquis dans l’ancien système de retraite seront garantis à 100%.

Un système universel des retraites

La fusion des 42 régimes de retraites existants en un système universel devrait bien voir le jour. Dans le projet de réforme, tous les salariés et fonctionnaires  cotiseront à hauteur de 28,12% de leurs revenus bruts, un taux partagé entre l’employeur (60%) et le salarié (40%).

Ce taux de 28,12% se décomposera en deux cotisations :

  • Une cotisation plafonnée de 25,31% (soit 90% des 28,12%). Elle s’appliquera à toute la rémunération jusqu’à 120 000 € (soit 3 fois le plafond annuel de la sécurité sociale). C’est à partir de ces montants de cotisations versées que seront calculés les droits à retraite accordés aux assurés au titre de leur activité professionnelle.
  • Une cotisation déplafonnée de 2,81% (soit 10% des 28,12%) qui participera au financement mutualisé et solidaire des dépenses du système de retraite. Elle s’appliquera à la totalité des rémunérations perçues sans limitation et permettra de faire contribuer solidairement les plus hauts revenus au financement du système de retraite. Aucun droit à retraite ne sera directement accordé aux assurés sur la base des montants de cotisations versées à ce titre.

Seule exception : les indépendants, qui cotiseront à hauteur de 28,12% sur les 40.000 premiers euros gagnés puis à hauteur de 12,94% sur les 80.000 euros suivants.

 La réforme des retraites prévoit un âge d’équilibre

Dans le nouveau système de retraite un âge d’équilibre de 64 ans sera introduit à partir de la génération 1963. Il permettra de bénéficier d’un taux de rendement de 5,5%. Il sera toujours possible de partir en retraite à 62 ans mais un mécanisme de décote/surcote, qui n’a pas encore été arbitré, «incitera au prolongement de l’activité».

En fonction de l’évolution de l’espérance de vie, l’âge d’équilibre continuera d’évoluer. Avec cet âge pivot de 64 ans, le but est d’avoir un âge à taux plein qui permet une retraite complète, et qui soit la même pour tous. Aujourd’hui, l’âge du taux plein est compris entre 62 et 67 ans, selon la durée travaillée.

Quid des départs anticipés à la retraite

Les salariés du public comme du privé verront l’âge légal de départ à la retraite de 62 ans s’appliquer. Progressivement, les départs anticipés des régimes spéciaux et de la fonction publique, comme ceux des emplois classés en « catégorie active » seront fermés. Le système universel de retraites garantira toutefois les départs anticipés à 60 ans pour les assurés ayant effectué une carrière longue, comme aujourd’hui. La pénibilité sera également prise en compte avec la possibilité de partir en retraite avant 62 ans.

Les enfants et les pensions de réversion ne sont pas oubliés dans la réforme des retraites

Le futur système des retraites devrait proposer une majoration des points à hauteur de 5% dès le 1er enfant et pour chaque enfant, contre 10% actuellement pour les parents de 3 enfants et plus. Les majorations pourront être partagées entre les deux parents, mais seront attribuées par défaut à la mère.

Le rapport sur la réforme des retraites envisage également que les pensions de réversion versées aux veuves et veufs garantissent 70% du total des retraites perçues par le couple. Les règles applicables aux retraités actuels ne seront toutefois pas modifiées. La réversion reste réservée aux couples mariés.

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